Vincent Mousseau

Étudiant à la maitrise, option criminalistique et information (2016-2018): Le management des services d’identité judiciaire : Pratiques et perceptions des dirigeants policiers du Québec

Au même titre que les enquêteurs, les juristes et les analystes en renseignement, les dirigeants de police font partie intégrante d’un ensemble d’acteurs non scientifiques directement concernés par l’exploitation de la science forensique. Ils possèdent notamment des pouvoirs et des responsabilités qui peuvent influencer la qualité et le rôle des techniciens en identité judiciaire au sein de l’organisation qu’ils dirigent. Toutefois, à une époque où la criminalistique est questionnée sur sa réelle contribution aux processus d’enquête ainsi que sur sa capacité à fournir des éléments de preuves valides, très peu d’études empiriques ne s’intéressent au point de vue des dirigeants de corps policiers malgré leur rôle démontré dans l’utilisation des traces matérielles. La présente recherche vise donc à comprendre la perception de la criminalistique par les dirigeants policiers des services de police du Québec. Pour ce faire, 18 entretiens semi-directifs ont été réalisés avec des dirigeants de corps de police québécois disposant d’un service d’identité judiciaire. L’analyse des résultats soulève entre autres que bien que les managers policiers québécois possèdent un certain niveau de connaissances en criminalistique, ils conçoivent cette dernière comme une discipline exclusivement réactive. Ils associent également le travail des techniciens en scène de crime à une tâche plutôt technique que scientifique. Cette étude souligne ainsi le besoin d’une meilleure compréhension de la science forensique dans la sphère décisionnelle des corps policiers québécois et la nécessité d’une meilleure coordination entre les dirigeants de corps de police et la communauté forensique de la province.

Ce contenu a été mis à jour le 21 mai 2018 à 13 h 13 min.